Éclats et fumées risquent un ultime assaut. L’écriture rôde pour achever sa proie. Des coups de poing rageurs crépitent sur la montagne qui le regarde pleurer. Il pleure et ses larmes fondent vers le ciel. Ce qu’il avait pris pour l’aube claire n’était qu’un crépuscule voilé. Les odeurs qui remontent de terre n’évoquent plus qu’une lointaine déchirure. Cette blessure qu’il fouille comme une hyène ; les doigts, la langue, les dents, le nez, tout y plonge à la recherche d’un os à ronger, chaque jour. Chaque nuit est une souffrance où se désagrège une chair morte.
Cette ombre de lui-même jetée sur une viande sèche, ce chien fourbu courbé devant la roche, ce fou hirsute, le visage ceint d’éclairs, les cheveux emmêlés, étourdi par le vent, ce chasseur de lumière, cogneur des profondeurs, escrimeur, combattant, téméraire, ce nombril du monde rejeté sur la grève, que vient-il à présent demander à la lune ? Que veut-il dérober à la mort qui s’approche ?
Son cœur se gonfle, son souffle reprend. Les yeux s’animent, le visage se perd — Tout ce chemin parcouru pour une dernière prière aux sirènes du temps...