Sur tes lèvres offertes
Se révèlent des mystères
Des émois effacés
Qu’on n’a pas su défaire
Une mèche en cavale
S’échappant vers ta nuque
En glissant sur ta joue
Me sourit sidérale
Pour tes yeux embrasés
Je veux tenter encore
Jusqu’à l’aube étonnée
Jusqu’aux dernières lueurs
Pour nos visages qui saignent
À ces amours déçues
Nos passés s’en reviennent
Et s’émeuvent d’être nus
Je n’ai que toi encore
Et ta voix qui me berce
Se repose chaque fois
Aux instants suspendus
Je défais puis reprends
À l’orée de ta bouche
Les désirs avortés
De maîtresses disparues
Je défis et délaisse
Aux confins de ta couche
Les ardeurs attendues
Et la nuit qui se meurt
Tu es l’Autre et l’étrange
Au sortir de nos doutes
Tu convoques les envies
Tu conjures les silences
Tu es belle et parfois
Sans pouvoir te parler
Je dépose sur ton corps
De lointains souvenirs
Tu es belle et pourtant
Sans savoir qui tu es
Il me faut t’avouer
Mon amour aveuglé
— Il me faut murmurer :
Au profond de tes yeux
À l’abîme de ta gorge
Par les vents et marées
Tu n’as rien à gagner
Je n’ai rien à donner
Il me faut t’avouer
Que j’ai rendu les armes...
Mais tu sembles vouloir
À tout prix l’ignorer
Et me donnes à l’envi
Les plus doux des baisers
— Saurai-je un jour t’aimer ?