Quand le jour tombe et que les yeux se ferment, ça continue encore. De permutations nocturnes en pirouettes électriques, ça crépite on ne sait où, toujours à plein régime, à la surface, au fond, sur les parois, au milieu, dans des recoins mal définis, sur des pensées inaccessibles.
Ça crépite en toute liberté. Rigolards, pleurnichards, à gorge déployée ou noyés dans leurs larmes, des monstres protéiformes s’évanouissent sur l’horizon pour réapparaître dans le souffle tiède du vent. Rien ne s’arrête jamais ni ne se calme.
Ça pétille, clignote, alterne, s’éclipse, revient, se transforme. À une vitesse phénoménale dans l’espace incertain d’un temps indéfini, tout s’arrête sans cesser de repartir. Ce qui sera hier était demain devient maintenant ce qu’il aurait pu être avant même de surgir.
Dans la pâte moelleuse de l’univers, tout existe à plein temps.