J’ai gardé sur mes lèvres
L’empreinte de ce soir
Où paumés, dérisoires
Nous nous sommes enlacés
Le bruit branque des guitares
Et cette sourde odeur
Le voile bancal des ombres
L’albatros à son cri :
« Je me traîne, je m’entraîne
Comme on brave les secondes
Comme on bave, comme on tombe
Comme l’esclave émacié »
« Je t’étrenne, et ma traîne
Aux sons doux encerclée
Fait de plis mille détours
Pour ne pas te blesser »
Par nos mains étonnées
Qui sculptèrent le décor
Nos désirs embrasés
Ne cessèrent d’appeler
De ces pluies abattues
Aux étranges chaleurs
Le parfum brut du temps
Aura su nous bercer
J’ai gardé de tes doigts
La trace de mon visage
Cette carte oubliée
Que tu as emportée
J’ai gardé de tes yeux
La vision d’un passage
Que je prends chaque nuit
Pour mieux nous retrouver