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Personne ne me suis

lundi 29 mars 2010
Comment décrire ce qui se trame sous les jupons nauséabonds de l’inconvenante morale ?
Qui saura lire un jour la vérité cinglante de nos sourires nomades ?
 
Ne me dites plus ce que j’écris
Ne me dites plus qu’on me lit pour le plaisir
Ne dites plus qu’on me lit
 
Rien ne m’élit
Rien ne me lie
Je ne suis à personne
 
Personne ne me suis
Rien n’éructe mon nom
J’invente des sursauts absurdes, délirants et médiocres
 
Je suis un cri médiocre
Le cri de la déchirante matière
Le cri du monde
Le cri des choses qui se foutent de s’émouvoir sur des livres
 
J’écris comme on tue parce que je ne sais pas écrire
Je tue comme j’écris parce que je ne sais pas vivre
Je broie sur la roche l’essence de ces riens
Ces rires impalpables qui forgent mes rêves
Ces drôles de précipices où je m’engouffre à mesure
À mesure que j’avance dans cette merde obscure où s’écorche la vie
 
Ne me dis pas que tu me lis pour le plaisir
Je n’écris pas pour tes désirs
Je n’écris pas comme on caresse
Je vomis des paroles insalubres au détour de rues mortes
 
Je rencontre des femmes à l’allure déglinguée
J’entrevois des lumières, des comètes, des lueurs
De larges blessures vidées qu’anime la terreur
Des anges déchus penchés sur d’immenses abysses
Des couteaux rougeoyants sous des filles émaciées
 
J’écris comme on régurgite
Dans un puits foudroyant mes mots las de tomber
Dévalent à tout hasard vers de lointaines contrées
Ils réclament aux enfers les chemins à venir
 
Ces chemins dont on parle et qui m’électrocutent
L’éclair rouge d’une seringue pleine d’affreux souvenirs
L’envie de mordre la chair — vivante, abrupte
Comme on mord pour survivre — comme savent faire les chiens
Les vampires que j’observe ont des charmes impossibles
 
Comment décrire ce qui se trame sous les jupons nauséabonds de l’inconvenante morale ?
— Qui saura dire un jour la vérité de nos espoirs perdus ?

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