Ce soir, c’est le feu d’artifice. Aux premières loges. J’en suis.
Le bruit assourdissant me fait perdre la tête.
Chaque nuit, j’invente des ruines où rien ne pousse. Chaque jour, je construis le cimetière dans lequel je m’enfouis. Je suis une terre en friche.
Aveugle, j’avance. Ma vie n’est plus qu’un long déni.
Inévitablement, j’oublie.
Quand les secousses me déchirent, je vomis. En-dedans. Je pleure aussi.
Se blottir où les sarcasmes se taisent...
Rien à faire.
Quand mon corps fait mal, que la peau colle au soleil, je respire les cadavres et la putréfaction. La poudre, le gasoil, la poussière.
C’est tout un pays qui s’exile.
Je suis l’Arche bienveillante où l’on vient se vautrer. J’accueille ceux qui geignent, les cris — l’amer. J’accueille le sang de la terre.
Je suis l’ange repu de la vie qui se perd.
C’est la mort qui me nargue et je ne sais qu’en faire.
Un pas de plus et les cris vont cesser. Un pas de plus et je peux les faire taire.
Un pas de plus...
Rien.